Alexandre Désilets: Se réinventer

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Depuis le lancement de l’album Escalader l’ivresse en 2008, Alexandre Désilets a connu une progression constante, sans jamais user de la machine à buzz. Résultat, il ne s’est jamais effacé de notre paysage musical et est en mesure de revenir avec une seconde œuvre, La Garde, en laissant l’impression qu’il s’agit simplement d’une suite logique à son aventure musicale. Mais attention, cet album marque véritablement un tournant dans sa jeune carrière.

L’une des première fois que Désilets a fait parler de lui, c’est lorsqu’il a remporté la finale du Festival international de la chanson de Granby, en 2006. Il avait alors laissé une forte impression, surtout grâce à sa voix élégante et souple.

Photo courtoisie Joannie Lafrenière

Deux ans plus tard, Escalader l’ivresse arrivait chez les disquaires. S’en sont suivis des prestations aux FrancoFolies ainsi que plusieurs honneurs, dont le prix Félix-Leclerc de la chanson (2009) et, la semaine dernière, le prix André «Dédé» Fortin de la Fondation de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ).

«C’était ce genre de progression que je voulais. Il n’y a jamais rien eu de construit sur un buzz. Je suis chanceux d’avoir eu tout le temps de la couverture. Il arrivait tout le temps quelque chose pour que les gens me gardent en tête», admet-il.

Dehors, le rock planant!

Dans un sens, il aurait pu être facile pour lui de profiter de cet engouement grandissant et constant pour poursuivre dans la même direction artistique entamée avec Escalader l’ivresse. Mais l’artiste tenait à déstabiliser les auditeurs et à se mettre au défi pour son second opus.

C’est pourquoi le rock planant laisse maintenant place à des grooves entraînants et à des airs acrocheurs. «Le processus s’est fait graduellement, étape par étape. J’ai tout d’abord enregistré moi-même les maquettes et je suis arrivé avec 21 tounes, sans texte. Je savais déjà que je voulais des trucs plus resserrés au point de vue structures et plus faciles à chanter. Je voulais que ce soit plus accessible, sans niveler par le bas.

Après, j’ai écrit les textes avec Mathieu Leclerc, qui avait travaillé avec Jean Leloup sur La Vallée des réputations. On avait le même souci d’accessibilité sans tomber dans le quotidien kitsch.

Finalement, Jean Massicotte (réalisateur) avait comme mot d’ordre de ne pas tomber dans le rock alternatif ou le pop-rock. Je trouve que ce marché est saturé. Et je suis tanné de la vague rétro 1980!» lâche-t-il. «Pour aller ailleurs, on a décidé d’élaborer un projet qui n’appartenait à rien, à aucune catégorie précise. On y retrouve un univers un peu BD, éclaté, dans lequel nous perdons tout repère temporel. Il y a un côté vieille époque romantique mélangé avec de l’urbain futuriste», décrit-il.

En fait, la vieille époque peut se faire sentir dans les thématiques. Sur Le souffle court par exemple, il chante la fuite d’un homme ayant volé un bout de pain dans un vieux quartier. Quant à l’urbain futuriste, il vient des rythmiques et arrangements ponctués d’électro qui sortent des sentiers battus, «parce qu’il fallait que les grooves fassent hocher de la tête» et que l’artiste n’avait «pas envie de retourner au rock planant.»

«Mon but n’était pas de consolider un public. Les choses ont changé en deux ans et demi et j’ai l’impression que le public aussi. Je voulais juste offrir quelque chose d’actuel, d’avant-gardiste. Dans ma tête, j’ai trouvé un nouveau son sur cet album. Si je faisais de quoi pareil aux autres, j’allais me planter. Je devais aller ailleurs», poursuit celui qui a récemment collaboré à la trame sonore du long métrage Le Baiser du barbu.

Transmettre l’énergie

La nouvelle tangente artistique de La Garde devrait bien se transposer sur scène, selon les dires de l’artiste, qui a favorisé l’approche énergique au détriment des grandes envolées ambiantes.

«Sur scène, les tounes doivent se tenir, même livrées de façon épurée. Il est essentiel de retenir l’énergie de la chanson, peu importe le style qu’on choisit. Pour cet album, je voulais des tounes qui marchent et qu’on réécoute. Ce sera la même chose live», avance-t-il.

C’est ce qu’on pourra constater le 25 novembre, au Cabaret Juste pour rire, ainsi qu’un peu partout au Québec au cours des prochains mois.

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