Vulgaires Machins se dirige vers un nouveau chapitre

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Vulgaires Machins est rapidement passé d’artiste de la relève à figure référentielle du punk-rock québécois. Le quatuor en sera cette année à sa cinquième participation aux FrancoFolies. Pour l’occasion, il sera armé de Requiem pour les sourds, oeuvre qui pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la petite histoire du groupe.

Un nouveau tournant, vraiment? Pourtant, à première vue, on a l’impression que les Granbyens viennent tout juste de renouer avec l’énergie punk de ses débuts, après avoir fleurté avec le rock sur Compter les corps, sorti en 2006.

À cet égard, le groupe a simplement voulu recréer un certain sentiment d’urgence en s’imposant notamment une heure de tombée.

«On a souvent entendu qu’on devrait intégrer telle ou telle «toune» pour que ça coule mieux avec les autres. Mais on s’est dit qu’on allait simplement choisir les meilleures, nos préférées, afin de faire le meilleur album possible. On n’a pas pensé à l’esthétisme. On voulait aller plus vite aussi, car pour Compter les corps, le processus a été long. Quand on prend notre temps, on en profite pour travailler des enchaînements et un concept. Mais là, on avait envie de ne pas se laisser le temps de réfléchir en se donnant un deadline», explique Guillaume Beauregard, chanteur et guitariste.

Requiem pour les sourds est donc «plus spontané et moins conceptuel», résume de son côté la guitariste et claviériste Marie-Ève Roy.

«On a fait le tour»

Le tournant, donc, on pourrait bien le retrouver dans les textes. Oui, on renoue avec la plume incisive et virulente de Guillaume Beauregard sur Requiem pour les sourds. Mais celui-ci démontre un désir d’aller au-delà de la dénonciation des travers de notre société, comme il l’a fait si souvent. Il met ses tripes sur la table, avec des titres tels Je m’excuse… je t’aime.

«C’est la même logique que pour la musique. Quand tu as un deadline, tu n’as plus le choix de te faire confiance par rapport à ce que tu ressens. Tu es plus spontané, plus vrai et plus proche de ce que tu as sur le cœur. Compter les corps était plus réfléchi et analysé, mais le dernier disque n’a pas cet esprit. Cela nous amène dans des directions différentes», soutient le chanteur.

Emprunter de nouveaux sentiers fait d’ailleurs du bien au groupe, qui a frappé à plusieurs reprises sur le même clou au fil des années. C’est ce qu’il veut faire à l’avenir.

«Je pense que oui, nous avons fait le tour. J’ai moins de fun à écrire des chansons, comme Le mythe de la démocratie, qui sont plus engagées, sociales et directes. Que je le veuille ou non, j’ai ma façon bien établie d’écrire sur ces sujets et c’est difficile de m’y prendre autrement. Ça me tente moins, j’ai envie d’amener le band, et ceux qui nous aiment, ailleurs. Je veux garder la passion et continuer à surprendre, pas juste répéter la même formule qui fonctionne», confie-t-il.

«Ça n’empêche pas que notre musique demeure un moteur social. La formule peut changer. On veut juste la ramener à la vie quotidienne, être plus proche de nous dans nos propos», assure de son côté Marie-Ève.

«C’est juste que quand quelqu’un dit que Le mythe de la démocratie, c’est du bon vieux Vulgaires Machins, ce n’est pas ce que je veux entendre, rétorque Guillaume. Nous voulons continuer à évoluer. J’ai l’impression que nous avons bouclé quelque chose avec Requiem pour les sourds par rapport aux textes, mais peut-être que je me trompe aussi. Je pense qu’il faut avant tout espérer changer soi-même et évoluer avec les autres avant d’espérer changer une société. Il faut regarder autour de soi, c’est là que l’apport de ta musique est tangible.»

Souvenirs de Francos

C’est donc avec ce sentiment de se diriger vers un nouveau chapitre de sa carrière que Vulgaires Machins foulera la scène du Métropolis, ce mercredi, avec en première partie The Sainte Catherines. Une performance qui se déroulera dans le cadre d’un événement qui a accueilli le groupe pour la première fois en 1999.

«C’était au Spectrum. Nous sommes arrivés sur scène avec les cheveux orange, se rappelle Marie-Ève. C’était hot comme soirée. La réaction a été super bonne. Je me disais: wow, les gens chantent nos tounes!»

«Je garde aussi un bon souvenir de 2008. C’était à l’extérieur. On jouait la chanson Compter les corps et en arrivant au bridge, il s’est mis à pleuvoir des cordes. C’est arrivé en même temps que le punch. J’en avais des frissons.»

Pour le prochain concert, Vulgaires Machins promet évidemment plusieurs extraits du nouveau disque, mais aussi «quelque chose de spécial avec les vieilles tounes.» Plutôt intriguant!

Vulgaires Machins, au Métropolis mercredi, 21h, avec les Saintes Catherines.

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