Mon top 10 albums 2010

1- Karkwa, Les Chemins de verre

Les Chemins de verre est un petit bijou d’album qui traversera les époques. Karkwa est présentement le groupe le plus significatif au Québec, tous genres confondus. En plus, on ne peut même pas parler de musiciens au sommet de leur art, parce qu’on sait qu’ils ont le potentiel de hausser leurs standards artistiques album après album.

2- Leif Vollebeckk, Inland

La plus belle découverte de l’année 2010. Avec Inland, le jeune auteur-compositeur-interprète montréalais nous fait découvrir un univers folk intimiste et enveloppant. Si vous êtes en manque de nouveautés, courez vous procurer l’album de cet artiste au talent immense.

3- Jerôme Minière, Le Vrai, le Faux

Jérôme Minière nous a livré cet automne un disque de grande qualité où les rythmes entraînants se jumellent à une plume irrévérencieuse et autodérisoire. Minière sait jouer avec les genres. Il est tout, sauf ennuyant.

4- Martin Léon, Les Atomes

Sorti en fin d’année, Les Atomes se veut un opus délicatement groovy aux arrangements denses, avec en complément une poésie raffinée à écouter avec attention. Martin Léon évolue avec grâce.

5- Panache, Panache

Panache est le nouveau projet de Carl-Éric Hudon et de Benoît Fréchette. Ceux-ci proposent des hymnes drôlement accrocheurs qui reposent sur des fondements pop propulsés par une énergie punk-grunge. Irrésistible!

6- Vulgaires Machins, Requiem pour les sourds

Vulgaires Machins a offert l’album le mieux balancé de sa carrière, entre virulence punk et raffinement rock. Il faut ajouter à cela des textes coup de poing à la hauteur de sa réputation. Nous sommes sans contredit en présence d’un groupe qui a décidé d’appuyer sur l’accélérateur au lieu de lever le pied.

7- Akido, Gamechanger

Ce troisième album d’Akido sait accrocher l’oreille. Reposant sur des riffs aguicheurs, ses compositions aux bases électro sont concises et sans détour. Une qualité rare dans le monde de la musique instrumentale.

8- Sunny Duval, Sein noir, sein blanc

Sein noir, sein blanc s’est avéré l’un des albums les plus plaisants à écouter au cours de l’été 2010. Avec son rock’n’roll aux accents doo-wop, Sunny Duval est allé piger dans ses plus profondes racines de guitariste et ça lui va comme un gant.

9- Misteur Valaire, Golden Bombay

Voici l’autre album par excellence de l’été dernier. Golden Bombay a permis aux membres de Misteur Valaire de faire le saut avec brio vers la pop, sans pour autant renier leurs grandes qualités d’instrumentistes et d’arrangeurs.

10- Jimmy Hunt, Jimmy Hunt

Meneur du groupe Chocolat, Jimmy Hunt fait fi de sa réputation de mauvais garçon du rock pour offrir un album où le romantisme est roi et maître, sans pour autant s’empêtrer dans les clichés. L’excellente réalisation permet un riche enrobage sonore sans jamais s’éloigner des bases folk.

Géraldine la provocante

Vous pouvez également lire ce texte sur RueFrontenac.com.

Derrière la cagoule de Géraldine se cache une démarche artistique drôlement éclatée et réfléchie. Tellement réfléchie que l’artiste aura mis deux ans avant de monter une première fois sur scène et cinq ans avant d’offrir un album, Sold-Out Capitalisme, qui sera lancé ce vendredi soir dans un lieu aussi provocateur que sa musique, le Café Cléopâtre.

Rue Frontenac est allé à la rencontre de cette mystérieuse chanteuse qui se cache toujours derrière sa cagoule. Elle était accompagnée de son fidèle complice, Navet Confit, qui dissimule aussi son identité lorsqu’il l’accompagne.

«Tout a commencé à la fin 2005 lorsqu’on a fait ensemble la chanson Lance le sapin à Géraldine. On l’a mise sur Myspace pour le fun. Les réactions ont été étonnantes. On ne cherchait rien. Tout est venu à nous. Après le Quai des Brumes en 2007, notre deuxième spectacle a eu lieu au National devant une salle comble dans le cadre de l’UQAMothon. Il y avait plusieurs autres bands. Nous, on s’est fait huer!» se rappelle Géraldine.

Il faut dire que Géraldine ne laisse personne indifférent. Elle ose et elle provoque, tant musicalement que par ses mises en scène lors de ses spectacles.

«Au début, j’étais gênée. Ce projet a quelque chose de paradoxal. J’ai une petite voix de bébé, mais je chante quelque chose d’assez violent. En mettant la cagoule, je fais en sorte que je n’ai pas l’air d’une enfant sage. Et c’est le fun de garder un mystère!» s’exclame-t-elle.

«Il y a un côté terrorisme musical dans ce qu’on fait, poursuit Navet. Les shows peuvent être dérangeants. Pendant un certain temps, on faisait juste du noise. De mon côté, cachée derrière la petite voix de Géraldine, je peux faire n’importe quoi.»

Pop assumée

Pour l’album cependant, le noise a laissé place à un angle davantage pop. Bien des mélodies réussissent à accrocher l’oreille, sans pour autant dénaturer la nature du projet.

«C’est dur d’avoir du recul lorsqu’on a le nez dedans, mais j’ai l’impression qu’on a quelque chose d’ultra pop. C’en est presque gênant. Mais si on parle à certaines personnes, elles diront que c’est fucké. En même temps, ce n’est pas n’importe quoi. Il y a une réflexion, on joue avec nos cerveaux lorsqu’on crée. Rien n’est gratuit, il y a un travail de recherche», résume Navet.

«C’est un projet très changeable. L’essentiel est que ça demeure un exutoire. J’aimerais beaucoup tourner au Québec et peut-être même à l’étranger. J’aimerais que ma cagoule devienne aussi sympa que ma face!» ajoute Géraldine.

Café Cléopâtre

Il faut évidemment s’attendre à un spectacle de lancement qui sortira des sentiers battus, ce vendredi en début de soirée dans le mythique Café Cléopâtre.

Accompagné de deux autres musiciens, le tandem va interpréter la totalité de l’album, offert sur vinyle et en mp3. Les spectateurs seront également invités à porter la cagoule.

«Il y aura aussi une première partie vraiment hot, mais l’identité de l’artiste demeure secrète. Ce qu’on peut dire, c’est que ce sera quelqu’un de très connu, qui fera des covers avec une cagoule», avance Navet. Intrigant!

 

GAMIQ – La soirée Bernard Adamus

Comme il fallait s’y attendre, Bernard Adamus est reparti du Cabaret Juste pour rire les mains bien remplies dimanche soir, à la suite de la présentation du Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ).

Celui qui a été nommé Révélation de l’année lors du dernier Gala de l’ADISQ a été couronné dans les catégories Artiste de l’année, Révélation de l’année, Chanson de l’année (La Question à 100 piasses) et Album folk/country de l’année (Brun) au cours de cette cérémonie.

Radio Radio a pris une petite revanche en recevant le titre d’Album hip-hop de l’année qui lui avait échappé à l’Autre Gala, à la plus grande déception de bien des fans, dont Cœur de Pirate. Les Acadiens ont aussi été récompensés pour leur vidéoclip Dekshoo.
Le seul autre artiste ayant réussi un doublé est Fred Fortin. Il a été nommé Auteur-compositeur de l’année en plus de recevoir le prix GAMIQ de Meilleur album chanson pour Plastrer la lune.


Autres prix

Le reste de la cérémonie, ponctuée par des prestations musicales de We Are Wolves, Fred Fortin, Dramatik, Sunny Duval, Trigger Effect, Royaume des Morts, Le Kraken et Death Boat, a été on ne peut plus partagée.

Misteur Valaire (Spectacle de l’année), Random Recipe (Étoile montante de l’année), Poirier (Album électro de l’année), We Are Wolves (Album électro-rock de l’année), Black Feelings (Album expérimental de l’année), The Besnard Lakes (Album indie rock de l’année), Despised Icon (Album métal/hardcore de l’année), Le Husky (Album pop de l’année), The Brains (Album punk de l’année), Sunny Duval (Album rock’n’roll de l’année), Hombre (Album world de l’année) et WD-40 (DVD de l’année) se sont partagé les 12 statuettes restantes.

Rappelons que les organisateurs ont resserré les critères d’admissibilité cette année. Les artistes bénéficiant d’une visibilité dans les grands réseaux et médias ont été écartés. Pour cette raison, des groupes tels Karkwa, Malajube et Vulgaires Machins n’étaient pas en lice.

Franco Phil fait peau neuve

Je profite de ce beau vendredi pour vous inviter à suivre assidûment le blogue de mon collègue du Devoir et de CIBL Philippe Papineau, alias Franco Phil. Pourquoi ce blogue en particulier?

Premièrement parce que contrairement à moi, il a su démontrer une discipline remarquable au fil des années pour alimenter son blogue plusieurs fois par semaine. Vous ne manquerez rien!

Deuxièmement parce qu’on ne peut que respecter son engagement au sein de la scène musicale montréalaise et francophone. Il sait apprécier la musique de qualité.

Troisièmement parce que son site vient de faire peau neuve tout en élégance, avec une une nouvelle adresse, Francophil.ca, qui fait très professionnel. Il est tellement pro qu’il lancera officiellement son nouveau site ce soir avec une cérémonie au Quai des Brumes!

Allez voir ça en cliquant ici.

Lisa Leblanc : Folk-Thrash ravageur

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La jeune Lisa Leblanc n’a pas fini de faire tourner les têtes, avec son folk-thrash ravageur. L’Acadienne s’amène à Montréal dans le cadre du Coup de cœur francophone, où elle se produira en première partie de Marie-Pierre Arthur ce vendredi au Cabaret Juste pour rire.

Le jeune femme de 20 ans originaire de Rosaireville, petite municipalité de 40 habitants, est bien consciente qu’elle ne laisse personne indifférent par ses textes souvent crus, livrés avec l’accent typique de ce coin de pays qui leur donne une rudesse supplémentaire. Mais pour elle, il a toujours été clair qu’elle ne ferait jamais des chansons «de fi-filles», comme elle se plaît à dire.

«J’ai tout le temps écrit depuis que j’ai 11 ou 12 ans, même si c’était de la poésie poche! J’ai commencé les chansons à 14 ou 15 ans. Je dirais que mon côté cru vient du fait que je suis quelqu’un d’assez maladroite dans la vie. J’adore aussi jouer avec le sarcasme et ça paraît dans mes textes. Trouver ces figures-là est devenu obsessionnel pour moi», explique-telle au bout du fil, lorsque jointe chez elle au Nouveau-Brunswick.

N’en demeure pas moins que certaines personnes peuvent subir un choc sévère lorsqu’ils entendent ce petit bout de femme s’époumoner sur Câlisse-moi là.

«J’ai tout le temps été influencée par les hommes. C’est drôle, mais je ne me prends pas au sérieux et il ne faudrait pas non plus. Si quelqu’un est insulté en m’écoutant, je dis sorry, mais moi j’en ris!» s’exclame celle qui vient de remporter les grands honneurs du Festival international de la chanson de Granby.

En duo

Ce vendredi, Lisa Leblanc présentera ses compositions aux Montréalais en formule duo, accompagnée d’un second guitariste. Cette fois, elle aura suffisamment de temps devant elle pour présenter tous les aspects de sa personnalité.

«Je voulais avoir cette formule intime, one on one avec la foule. Je vais aussi pouvoir faire plus que les trois tounes à Granby. Les gens vont voir d’autres facettes et constater que je ne suis pas juste une femme frustrée qui hait la vie», exprime celle qui déménagera officiellement dans la métropole le mois prochain.

Plusieurs autres spectacles l’attendent au cours des prochains mois. Il faudra donc attendre encore un peu pour l’album.

«En ce moment, je suis full pin dans la tournée. Ça bouge beaucoup de ce côté et j’essaie de me concentrer là-dessus tout en continuant de composer. J’ai besoin de composer un peu plus avant de sortir de quoi», souligne-t-elle.

En effet, il ne servirait à rien de précipiter les choses, surtout lorsqu’on a que 20 ans!

 

Panache – De la pop gossée dans le bois

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Est-ce de la pop? Du punk? Du grunge? En fait, c’est un peu tout ça qu’offrent Carl-Éric Hudon et Benoit Fréchette avec leur tout nouveau projet intitulé Panache.

Les deux fondateurs du groupe se connaissent depuis belle lurette. Benoit Fréchette a accompagné Hudon dans la plupart de ses projets à titre de musicien invité. Panache se veut donc un projet bien mûri.

«On s’est rencontrés en 2004 lorsqu’il a lancé sa maquette. Depuis, chaque fois qu’il avait un band live, j’en faisais partie. On a eu le temps departager pas mal de choses, dont notre goût pour le rock et la pop. Nous avons les mêmes références, qu’on n’exploitait pas beaucoup auparavant», explique Fréchette.

La principale différence cette fois est que ce dernier est passé d’accompagnateur à auteur-compositeur. «Je gossais mes compositions depuis longtemps. J’ai fini par les faire écouter à Carl-Éric et étrangement, il a aimé ça!» raconte-t-il.

«Il avait juste besoin d’un petit push, ajoute Hudon. J’avais de mon côté aussi quelques chansons en banque, qui ne cadraient pas sur mes albums précédents.»

13 chansons expéditives

C’est ainsi cette union créative qui a donné naissance à des textes aux phrases chocs ainsi qu’à de fortes mélodies pop propulsées par une énergie punk et quelques soubresauts grunge. On retrouve sur l’album éponyme 13 chansons expéditives, pour un total d’un peu moins de 32 minutes de musique.

«Nous avons développé ensemble un langage du non-dit. On sait ce qu’est Panache, mais c’est dur à expliquer. […] On retrouve effectivement une énergie grunge et punk. C’est pas facile de partir d’un projet pop si harmonieux dans le choix des accords sans arriver à quelque chose gomme baloune et kitch. Ça reste de la pop, mais avec des éléments croches qui nous empêchent de nous donner mal au coeur!», décrit le chanteur et bassiste rouquin.

«Notre musique est sculptée dans le bois, pas dans un moule de plastique», renchérit son collègue.

C’est aussi dans l’optique de s’assurer d’avoir en main tout le dynamisme nécessaire que le duo a décidé de faire appel à un véritable batteur, David Arpin.

«On s’est demandé à un moment si on utilisait un beat box à la place. Mais pour le côté énergique, on s’est dit qu’il nous fallait un vrai drummer. Jusqu’à maintenant, nous avons eu droit à un mosh pit à Drummondville et à des filles qui dansent à l’avant au Il Motor. Ça commence bien!» lâche Hudon.

Panache lancera officiellement son premier opus ce jeudi au Divan Orange dans une formule 5 à 7. Le groupe promet bien des surprises ainsi qu’un petit goût d’Asie, une thématique bien présente dans leur univers avec des titres tels Stop! (Petite Japonnaise) – dont Benoit Fréchette garde précieusement pour lui l’inspiration de ce texte –  et Tu n’as rien vu (à Hiroshima, non).

La cérémonie, qui sera ponctuée d’une prestation, est ouverte au public.

Les Sainte Catherines — Le poing en l’air!

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Voilà plus de quatre ans que les Sainte Catherines n’avaient pas offert de nouveau matériel. Il faut dire que leur projet parallèle à tendance country-folk, Yesterday’s Ring, a occupé une place fort importante dans leur carrière ces derniers temps. Le groupe punk-rock renaît cette semaine avec Fire Works et est là pour rester.

On peut bien penser que leur plus récent opus est plus rock que punk, ou encore que l’influence Yesterday’s Ring, mort et enterré depuis septembre, s’y fait sentir, mais les gars n’en ont rien à foutre. Les étiquettes, ce n’est pas pour eux!

«Chaque album est différent. Le rapide et méchant, on l’a déjà fait. Là, on est plus catchy et rassembleur», décrit Marc-André Beaudet, qu’on a rencontré en compagnie d’Hugo Mudie par un bel après-midi ensoleillé en début de semaine.

Catchy et rassembleur? Ce n’était pas un peu ça, Yesterday’s Ring?

«Je lis les critiques et certaines disent que c’était comme si on avait passé trop de temps avec Yesterday’s Ring. Mais ça n’a pas rapport. C’est nous, Yesterday’s Ring. Comment pourrait-on se copier? Si on veut faire un album dans le tapis, on va le faire», soutient le chanteur et parolier Hugo Mudie.

«Je ne vois pas de Yesterday’s Ring dans cet album. Ce n’est pas du country-folk roots. Fire Works est plus punk-rock, comme dans le temps», ajoute le guitariste, qui signe également la réalisation du disque.

«C’est comme à nos débuts, sauf qu’à l’époque, on était moins bons et on avait moins d’argent!» ajoute son collègue.

Ainsi, comme dans tout album punk-rock qui se respecte, on y retrouve plusieurs hymnes fédérateurs qui entrent dans la tête et qui donnent simplement le goût de chanter en chœur, le poing dans les airs. Ça promet pour les spectacles!

«Cela a toujours été notre but. Parfois c’était raté, parfois ça donnait autre chose malgré nous. Le côté poing en l’air et le goût de chanter ensemble a toujours été un but du punk-rock, sauf qu’on s’en est écarté par moments. Dancing For Decadence (2006) était dans le tapis, mais ça se chantait pareil. C’est beaucoup plus le fun en show. Peut-être que sur notre nouvel album on en était plus conscients, avec les refrains qui reviennent. Mais jamais on n’a voulu faire de crossover pour essayer de joindre les fans de U2 ou de Coldplay!» lance Mudie.

Reprendre la route

Si les Sainte Catherines ont parvenu à s’établir une aussi bonne renommée, même à l’extérieur de nos frontières, c’est avant tout parce qu’ils ont beaucoup tourné au fil des années. Des tournées de fous durant des mois dans des conditions de misère, ils connaissent ça!

Maintenant que plusieurs membres du groupe ont des responsabilités familiales, il faut s’attendre à quelques ajustements. Mais il n’est surtout pas question de s’enfermer à la maison. La scène, c’est un besoin pour eux.

«On part vendredi pour Boston, pour un show de lancement puisque notre étiquette (Fat Wreck Chords) est basée là-bas. On sera aussi sur la route du 11 au 21 novembre, au Québec et en Ontario. pour notre traditionnelle tournée Poutine et cigarette», mentionne Mudie.

À cela il faut ajouter des visites en sols européen et mexicain. «Quand on sort un album, on veut faire les choses comme il le faut. C’est juste que nos tournées sont plus étalées et de courte durée. Chaque fois qu’on termine un show, on se dit que c’était le fun. Ce côté-là est encore attrayant, surtout que nous avons de bonnes conditions maintenant. Quand ça fait longtemps qu’on n’a pas joué, ça nous manque beaucoup», ajoute-t-il.

Fait à noter, ces virées se feront sans batteur officiel. Celui qui avait pris place aux tambours pour l’enregistrement est parti. «S’il y a des bons drummers capables de jouer nos tounes sans répéter avant, appelez-nous!» s’exclame Beaudet.

Francouvertes – Dernier appel

Dernier appel pour s’inscrire aux Francouvertes. La période de mise en candidatures se terminera officiellement lundi prochain, à minuit. Les organisateurs viennent tout juste de repousser la date limite, préalablement établie à ce vendredi, afin de permettre à plus d’artistes de tenter leur chance.

Rappelons que les critères de sélection ont été quelque peu resserés cette année. L’année dernière, les trois finalistes, Monogrenade, Alex Nevsky et Bernard Adamus, étaient sous contrat avec une étiquette reconnue. Cette situation avait susciter la controverse, surtout dans le cas d’Adamus, dont l’album Brun faisait déjà des vagues.

En résumé, l’artiste n’est pas éligible s’il est déjà sous contrat avec une maison de disques, même en liscence. Une fois inscrit et sélectionner, il ne pourra s’entendre avec une étiquette avant son passage à la ronde préliminaire. Si l’artiste a déjà lancé un album de façon indépendante, les ventes de celui-ci ne peuvent dépasser les 1000 unités.

Au total 21 participants seront sélectionnés pour la ronde préliminaire, qui aura lieu hebdomadairement au Lion d’Or dès le 7 février prochain. La grande finalement aura lieu le 3 mai au Club Soda. Des prix et des bourses totalisant plus de 10 000$ sont en jeu.

Photo courtoisie

Pour son quinzième anniversaire des Francouvertes ont fait appel à Marie-Pierre Arthur ainsi qu’à La Patère Rose comme porte-parole.

Tous les détails ici (www.francouvertes.com).

Alexandre Désilets: Se réinventer

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Depuis le lancement de l’album Escalader l’ivresse en 2008, Alexandre Désilets a connu une progression constante, sans jamais user de la machine à buzz. Résultat, il ne s’est jamais effacé de notre paysage musical et est en mesure de revenir avec une seconde œuvre, La Garde, en laissant l’impression qu’il s’agit simplement d’une suite logique à son aventure musicale. Mais attention, cet album marque véritablement un tournant dans sa jeune carrière.

L’une des première fois que Désilets a fait parler de lui, c’est lorsqu’il a remporté la finale du Festival international de la chanson de Granby, en 2006. Il avait alors laissé une forte impression, surtout grâce à sa voix élégante et souple.

Photo courtoisie Joannie Lafrenière

Deux ans plus tard, Escalader l’ivresse arrivait chez les disquaires. S’en sont suivis des prestations aux FrancoFolies ainsi que plusieurs honneurs, dont le prix Félix-Leclerc de la chanson (2009) et, la semaine dernière, le prix André «Dédé» Fortin de la Fondation de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ).

«C’était ce genre de progression que je voulais. Il n’y a jamais rien eu de construit sur un buzz. Je suis chanceux d’avoir eu tout le temps de la couverture. Il arrivait tout le temps quelque chose pour que les gens me gardent en tête», admet-il.

Dehors, le rock planant!

Dans un sens, il aurait pu être facile pour lui de profiter de cet engouement grandissant et constant pour poursuivre dans la même direction artistique entamée avec Escalader l’ivresse. Mais l’artiste tenait à déstabiliser les auditeurs et à se mettre au défi pour son second opus.

C’est pourquoi le rock planant laisse maintenant place à des grooves entraînants et à des airs acrocheurs. «Le processus s’est fait graduellement, étape par étape. J’ai tout d’abord enregistré moi-même les maquettes et je suis arrivé avec 21 tounes, sans texte. Je savais déjà que je voulais des trucs plus resserrés au point de vue structures et plus faciles à chanter. Je voulais que ce soit plus accessible, sans niveler par le bas.

Après, j’ai écrit les textes avec Mathieu Leclerc, qui avait travaillé avec Jean Leloup sur La Vallée des réputations. On avait le même souci d’accessibilité sans tomber dans le quotidien kitsch.

Finalement, Jean Massicotte (réalisateur) avait comme mot d’ordre de ne pas tomber dans le rock alternatif ou le pop-rock. Je trouve que ce marché est saturé. Et je suis tanné de la vague rétro 1980!» lâche-t-il. «Pour aller ailleurs, on a décidé d’élaborer un projet qui n’appartenait à rien, à aucune catégorie précise. On y retrouve un univers un peu BD, éclaté, dans lequel nous perdons tout repère temporel. Il y a un côté vieille époque romantique mélangé avec de l’urbain futuriste», décrit-il.

En fait, la vieille époque peut se faire sentir dans les thématiques. Sur Le souffle court par exemple, il chante la fuite d’un homme ayant volé un bout de pain dans un vieux quartier. Quant à l’urbain futuriste, il vient des rythmiques et arrangements ponctués d’électro qui sortent des sentiers battus, «parce qu’il fallait que les grooves fassent hocher de la tête» et que l’artiste n’avait «pas envie de retourner au rock planant.»

«Mon but n’était pas de consolider un public. Les choses ont changé en deux ans et demi et j’ai l’impression que le public aussi. Je voulais juste offrir quelque chose d’actuel, d’avant-gardiste. Dans ma tête, j’ai trouvé un nouveau son sur cet album. Si je faisais de quoi pareil aux autres, j’allais me planter. Je devais aller ailleurs», poursuit celui qui a récemment collaboré à la trame sonore du long métrage Le Baiser du barbu.

Transmettre l’énergie

La nouvelle tangente artistique de La Garde devrait bien se transposer sur scène, selon les dires de l’artiste, qui a favorisé l’approche énergique au détriment des grandes envolées ambiantes.

«Sur scène, les tounes doivent se tenir, même livrées de façon épurée. Il est essentiel de retenir l’énergie de la chanson, peu importe le style qu’on choisit. Pour cet album, je voulais des tounes qui marchent et qu’on réécoute. Ce sera la même chose live», avance-t-il.

C’est ce qu’on pourra constater le 25 novembre, au Cabaret Juste pour rire, ainsi qu’un peu partout au Québec au cours des prochains mois.

Jérôme Dupuis-Cloutier : Se faire un nom

Jérôme Dupuis-Cloutier lance finalement son premier album. Quoi, ce nom ne vous dit rien? Ce jeune homme, c’est la voix du Roi Poisson. Dans sa carrière solo, il se prénommait jusqu’à tout récemment Le Citoyen. Mais voici qu’il a décidé de laisser tomber cette appellation tout juste à temps pour la sortie de Gentleman refroidi.

Cette décision de revenir à son véritable nom peut paraître audacieuse quand on considère qu’il s’est bâti une certaine renommée au fil des années avec Le Citoyen. Beaucoup l’ont d’ailleurs découvert sous ce nom en 2008, lorsqu’il avait atteint la grande finale des Francouvertes. Mais pour le principal intéressé, il ne s’agit de rien de plus qu’un choix simple et logique.

«J’ai laissé tombé Le Citoyen pas longtemps avant le mastering de l’album. Je voulais bien différencier mes projets. Le Citoyen semblait aussi être un truc de groupe comme Le Roi Poisson. Je l’aurais fait tôt ou tard pour arrêter de me cacher sous un pseudonyme. Et je ne trouve pas que c’est un risque très grand de changer de nom. Je n’ai pas donné beaucoup de spectacles solos et ce projet était moins développé que Le Roi Poisson. Ce n’est donc pas grave de recommencer à zéro car je vois à long terme», soutient Dupuis-Cloutier, qui a mis près de deux ans à concocter ce disque en compagnie de son frère Étienne à la réalisation.

Plus près du folk

Donc voilà pour la question d’appellation. Parlons maintenant musique! Car de ce côté, Jérôme Dupuis-Cloutier à beaucoup à raconter, à commencer par les dissemblances avec Le Roi Poisson, qui propose un rock plus musclé souvent axé sur les claviers de son leader. Ici, tout semble reposer sur les guitares et sur une instrumentation plus traditionnelle.

«En solo, je compose plus à la guitare, dans un style folk. Et en show, on va plus souvent opter pour la formule trio avec contrebasse et banjo», indique celui qui se plaît à mettre en scène personnages et histoires dans ses textes.

Cela demandera certainement une sérieuse adaptation parce que bien que guitare, banjo et contrebasse soient bien présents sur Gentleman refroidi, on peut aussi y entendre une panoplie d’instruments, dont claviers et trompette, assurés par Dupuis-Cloutier, ainsi que chœur, clarinette et cuivres.

«Le show qu’on va vendre sera en trio, mais ce ne sera pas le cas pour le lancement au Divan Orange, mardi soir prochain, parce que là, tout le monde va être présent. On va parfois se retrouver huit ou neuf sur scène! Pour la première fois de ma vie, je devrai faire une vraie générale!» laisse-t-il tomber.


 

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